Il faut que je vous raconte… même si cela n’est pas « racontable ».

Dernièrement, j’ai fait une drôle de gaffe. J’étais dans la foule de participants qui attendaient le signal de départ pour entamer le Parcours Parkinson de Montréal-Laval. Naturellement, j’avais invité parents, amis et voisins à se joindre à moi à l’événement. Voyant que mes supporteurs n’arrivaient pas, je me suis mise à chercher du regard dans la foule pour trouver quelqu’un que je connaitrais. 

Soudain, j’ai vue au loin la figure de Jacques, (nom fictif) un bon ami de longue date. Je me suis donc élancée vers lui pour l’accueillir. Or, tout en me dirigeant vers lui, j’ai remarqué que sa femme n’était pas à ses côtés (d’ordinaire elle l’accompagne toujours dans ses sorties). « Surprenant », me suis-je dit. Par ailleurs, plus je me rapprochais de lui, moins je le reconnaissais; on dirait qu’il avait maigri. « C’est surement lui ! Ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu et il a maigri… Peut-être a-t-il été malade ?

Arrivé près de lui, j’ai affiché mon plus beau sourire et je lui ai fait l’accolade. Je lui ai dit : « Je suis bien contente que tu sois venu. » Il me répond : « Ah oui? » Aussitôt, j’ai éprouvé un certain malaise. Se pourrait-il que je me suis trompée de personne?

Et tout d’un coup, j’ai réalisé que ce n’était pas mon ami Jacques que je venais d’accueillir comme un roi! Moi qui suis généralement discrète pour ne pas dire économe dans les câlins, j’y ai fait une grosse accolade et la bise sur les deux joues. L’homme que je que je venais serrer contre moi a dû se dire qu’on l’accueillait très bien !

Bien sûr, j’ai coupé court à notre conversation. J’aurais voulu disparaitre. Quelle gaffe! Comment peut-on de tromper de personne surtout lorsqu’il s’agit d’un ami? 

Quelques minutes après cet incident, je vois une femme au grand sourire portant le t-shirt du Parcours Parkinson. Elle a l’air dynamique. Je me suis dit : « Il me semble que c’est une des trois employés du bureau de Parkinson. Je vais aller à sa rencontre pour me présenter. »

 Je me suis donc dirigée vers elle et me suis présentée… avec un gros câlin. Pour m’apercevoir que ce n’était pas encore la bonne personne.

J’ai fui la scène, fourbue de honte. Se tromper une fois, ça va. Mais deux fois dans la même heure, c’est trop! C’est alors que je me suis dit : «Je suis démente. C’est ça! Je viens de démontrer que mon cognitif se détériore. » Ne pas reconnaitre ses amis. Ou plutôt voir des amis là où il n’y en a pas. Après la marche, j’ai croisé une amie qui parlait avec le faux Jacques et j’ai entendu ce dernier dire : Elle (en me pointant) est une femme chaude! Noooon! Je ne suis pas une femme chaude! Je me suis simplement trompée de personne. Bien oui, pas une mais deux fois. Le bon côté de ces incidents gênants ? J’ai fait au moins un heureux sur terre qui a eu droit à un super accueil. D’après moi, il va revenir l’an prochain au Parcours Parkinson. L’accueil est no.1.

DIANE PATENAUDE